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IA & environnement : Sopra Steria révèle une invisibilisation de l’impact environnemental de l’IA 

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Face à l’adoption exponentielle de l’intelligence artificielle générative, Sopra Steria publie aujourd’hui son second rapport dédié à la lutte informationnelle : « IA & Environnement : sortir du brouillard informationnel ». Après un premier opus consacré à la désinformation, ce nouveau rapport lève le voile sur une facette souvent négligée : l’impact environnemental réel de l’IA.

L’empreinte environnementale de l’IA, un angle mort public et médiatique

Dans un contexte où la consommation mondiale des data centers pourrait presque tripler d’ici 2030 (passant de 415 TWh en 2024 à plus de 940 TWh selon l’AIE), l’essor de l’IA amplifie une dynamique énergétique déjà critique. Des géants technologiques comme Microsoft et Google ont ainsi vu leurs émissions de CO₂ bondir de +30 % et +48 % respectivement ces dernières années, illustrant le coût environnemental de l’innovation mal maîtrisée.

Pourtant, ce coût reste étonnamment absent des débats. Sopra Steria, s’appuyant sur l’expertise en social listening de Opsci.ai, a analysé plus de 800 000 messages publiés sur X et LinkedIn entre janvier 2024 et avril 2025 : seuls 0,56 % évoquent l’impact écologique de l’IA — trois fois moins que pour la cryptomonnaie. Côté médias, sur près de 22 000 articles portant sur l’IA, à peine 2,4 % s’intéressent à son impact environnemental, souvent avec un discours technophile qui minimise les risques. Même les leaders IA identifiés par le Time Magazine ne considèrent pas le climat comme une priorité – à l’analyse de leurs publications, le sujet n’arrive qu’en 8ᵉ position, bien derrière l’innovation ou la productivité.

L’analyse fine des données et des conversations démontre toutefois une polarisation croissante dans le débat : les technophiles promeuvent l’IA comme une solution universelle, tandis que les technophobes rejettent tout progrès sans nuance.

Entre ces deux extrêmes, la communauté scientifique, pourtant essentielle pour objectiver le débat, se retrouve souvent instrumentalisée ou invisible, signe d’une défiance plus large envers l’expertise scientifique dans l’espace public, d’une politisation des débats et de l’amplification de la désinformation.

Axelle Lemaire, Directrice exécutive de la Performance Durable chez Sopra Steria, déclare : « Qui n’a jamais cédé à la « magie » de l’IA ? Pourtant, cette étude met en lumière un paradoxe inquiétant : alors que l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle s’accroît, la corrélation entre IA et changement climatique reste largement absente des discours publics et médiatiques. Cette invisibilisation est amplifiée par les logiques à l’œuvre autour de la désinformation climatique, la défiance en la science et la polarisation idéologique, sans compter les immenses enjeux financiers. Tout cela contribue à entretenir l’opacité, empêche un débat lucide et nous éloigne encore plus des objectifs fixés par l’Accord de Paris. Il est urgent de sortir de ce brouillard informationnel sur l’impact de l’IA pour exiger des méthodes et standards de mesure transparents, et faire émerger des usages plus sobres, utiles, raisonnés, en phase avec les enjeux climatiques de notre temps. »

Lever le brouillard : la nécessité d’outils communs et d’indicateurs fiables

Alors que l’adoption massive de l’IA et de l’IA générative s’intensifie, cette relative invisibilisation se double d’un manque criant de méthodes standardisées pour évaluer et piloter l’impact environnemental des technologies numériques. Ce flou méthodologique freine l’adoption de solutions plus sobres, complique la mise en place de standards communs et rend difficile la transparence vis-à-vis des clients et des régulateurs.

Dans ce contexte, Sopra Steria appelle donc à un alignement des standards de mesure à l’échelle européenne et à la généralisation d’indicateurs transparents, vérifiables et comparables, pour intégrer la sobriété numérique dès la conception des technologies.

Agir concrètement : un engagement collectif pour une IA raisonnée

Aujourd’hui, l’absence de standards harmonisés freine la comparaison objective entre modèles et retarde l’adoption de solutions plus sobres. Pour y répondre, Sopra Steria soutient activement la construction de référentiels communs, portés par des initiatives réglementaires et sectorielles concrètes : la Loi REEN, pionnière pour encadrer la transparence des data centers ; l’AI Act européen, qui impose des obligations de reporting environnemental pour les IA à haut risque ; et la Coalition for Sustainable AI, un collectif d’acteurs engagés pour une intelligence artificielle plus responsable et mesurable.

En parallèle, le groupe développe des outils concrets : EcoMind AI, pour anticiper l’empreinte environnementale de modèles d’IA dès leur conception, et G4IT pour quantifier l’impact carbone global des systèmes d’information. Ces dispositifs s’inscrivent dans une stratégie de ROI d’impact, qui intègre les bénéfices sociaux et environnementaux dans l’évaluation des projets d’IA.
Sopra Steria défend une approche équilibrée : refuser l’alternative entre un solutionnisme naïf et un rejet pur et simple de la technologie. L’entreprise s’engage pour une IA utile, mesurable et responsable.

Yves Nicolas, directeur du programme IA du groupe Sopra Steria, conclut :« L’intelligence artificielle ne peut plus être pensée en dehors de ses impacts, y compris environnementaux. Le développement d’une IA responsable ne doit pas être une option, mais une exigence collective. Chez Sopra Steria, nous sommes convaincus que c’est en intégrant des critères de sobriété dès la phase de conception que nous pourrons concilier innovation technologique et transition écologique. Cela suppose des indicateurs fiables, une transparence accrue et un dialogue constant avec l’ensemble de nos parties prenantes – trois exigences qui font partie de notre feuille de route autour de l’IA ».

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